"La nuit du 21 septembre 1945, je suis mort"
Ces paroles sont dites par un adolescent dréssé, droit le regard fixé devant lui. Il se souvient du temps où sa petite soeur était encore de ce monde, d'il y a un mois, une eternité ...
On le voit alors adossé à un mur d'une gare,très maigre. Il est en train de mourrir. Les passants le regardent, certains lui déposent à manger à coté de lui... Des personnes
s'occupant de la gare, s'apercoivent de sa mort et fouillent ses poches... Ils y trouvent une petite boite à bonbons rouillée,
la prenne et la jette quelque part plus loin. A ce moment une petite fille apparait, sortit de nulle part, et ramasse la boite de bonbons, et se jette dans les bras de son frère.
Les deux ensembles montent dans un train qui les ramène vers leur passé...
Le tombeau des lucioles est un film émouvant, parfois très très dur, qui tout au long est submergé par une vague de tristesse.
Pendant la guerre, les bombardements sont fréquents, et font beaucoup de victimes. Seita, adolescent de 14 ans, et sa
petite soeur Setsuko, qui est agée de 4 ans, se voyent obligés de fuir leur demeure pour se refugier dans un abris. Le jeune garcon porte
sa soeur sur son dos, et ensemble ils traversent les rues où les gens se bousculent avec affolement. Le frère fuit finalement en direction de
la mer. Une fois en securité, et une fois que la pluie de cendres noires fut fini, il retourne à la ville, et un homme
annonce alors qu'il y a le rescencement à l'école. Esperant y trouver leur mère, les deux enfants s'y précipitent.
Sur place Seita apprend que sa mère est gravement blessée.
Le lendemain matin, Seita, l'ainé, apprend douloureusement que lui et sa petite soeur sont orphelins.
Il décide alors d'aller rejoindre leur tante. Là, la situation ne s'améliore pas, elle ne les nourrit pas correctement, se
sert de leur biens, et leur fait bien comprendre qu'ils sont plus gênants qu'autre chose pour leur famille...
Seita, se prend en mains, et déménage de chez leur tante pour habiter sous un abris pour pêcheurs, seul avec sa petite
soeur. Celle-ci voit cet abris comme une vraie maison, et commence à determiner les pièces de la maison... Le soir, les
deux enfants attrapent des lucioles et les lachent à l'interieur, sous une moustiquaire. Ces lumières rappellent à Seita,
un feu d'artifice, celui du départ de son père, à la guerre, avec les autres marins. Le lendemain matin Seita retrouve
sa soeur en train de creuser un trou. Il lui demande alors la raison de ce trou, et la petite fille répond que les
lucioles sont mortes, et donc elle doit les enterrer dans une tombe... comme sa maman... Ces paroles rappellent alors au jeune
garçon les images de sa mère morte, puis de sa mère jettée avec d'autres cadavres dans un fossé, pour être brulée...
Face à de tels souvenirs il ne peut retenir ses larmes...
Puis très vite la nourriture leur manque. De plus sa petite soeur tombe malade de malnutrition,
alors il commence à piller les champs de la ville, à voler des couvertures pour Setsuko...
Dans son oeuvre Isao Takahata aborde sensiblement l'horreur de la guerre, et cela au travers d'une amitié fraternelle,
merveilleuse. Entre peur, souffrance, et malheur, le quotidien de deux jeunes enfants, au beau milieu de toute cette
haine, va vite ressembler à un cauchemard et devoiler une realité criante et révoltante. La beauté de ce film est surtout
dûe au fait que l'auteur, laisse de coté le conflit, pour placer sous les projecteurs le drame humain. L'auteur, en appelant
son oeuvre " le tombeau des lucioles ", fait référence à l'histoire secondaire des lucioles, et ainsi crée une métaphore entre les lucioles
et les deux enfants, la luciole est un petit insecte ne vivant pas longtemps, mais tout au long de sa vie elle brille d'un superbe éclat...